• La figure du poète chez Ronsard

    Le texte qui suit est le début de L' Hymne de l'Automne (1555). A travers ces alexandrins, Ronsard construit la figure d'un poète-prophète qui connait les arcanes de la nature et est guidé par Apollon (dieu qui protège les arts). On peut être sensible ici au lexique qui énonce l'idée que la poésie est un don, un souffle sacré, en somme une "fureur d'esprit". Il faut lire ce texte en le comparant avec le sonnet de Du Bellay que vous trouverez sur le site. Comme il est indiqué dans la synthèse sur La Pléiade de votre manuel, on voit émerger au 16ème une nouvelle image du poète.

    Le jour que je fu né, Apollon qui preside
    Aux Muses, me servit en ce monde de guide,
    M'anima d'un esprit subtil et vigoureux,
    Et me fit de science et d'honneur amoureux.
    En lieu des grands tresors et des richesses vaines,
    Qui aveuglent les yeux des personnes humaines,
    Me donna pour partage une fureur d'esprit,
    Et l'art de bien coucher ma verve par escrit.
    Il me haussa le cœur, haussa la fantasie,
    M'inspirant dedans l'âme un don de poësie,
    Que Dieu n'a concedé qu'à l'esprit agité
    Des poignans aiguillons de sa Divinité.
    Quand l'homme en est touché, il devient un prophete,
    Il predit toute chose avant qu'elle soit faite,
    Il cognoist la nature et les secrets des cieux,
    Et d'un esprit bouillant s'eleve entre les Dieux.

    (orthographe non modernisée)


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